dimanche, 17 août 2008
Contre l'amour tyrannique
C'est cette haine contre l'amour tyrannique que nous avons exprimée par cette phrase laconique: le mépris de la femme.
Oui, nous méprisons la femme-réservoir d'amour, engin de volupté, la femme-poison, la femme-bibelot tragique, la femme fragile, obsédante et fatale, dont la voix lourde de destinée et la rêveuse chevelure se prolongent et se continuent dans les frondaisons des forêts baignées de clair de lune.
Nous méprisons l'horrible et pesant Amour qui encombre la marche de l'homme et l'empêche de sortir de son humanité, de se redoubler, de se surpasser pour devenir ce que nous appelons: l'homme multiplié.
Filippo Tommaso Marinetti - Le mépris de la femme

15:45 Publié dans Belles lettres, No Ma'am, Zeitgeist | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : no ma'am, féminisme, fascisme, al bundy, marinetti
jeudi, 14 août 2008
Une nouvelle étape anthropologique
Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l'être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l'ère moderne.
Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n'avons pas d'autre choix que de monter ... toujours plus haut.
Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978
18:33 Publié dans Archéofuturisme, Belles lettres, Zeitgeist | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, soljenitsyne, archeofuturisme
jeudi, 24 juillet 2008
Le soleil et l'acier
S'il était vrai que mon moi fût ma demeure, mon corps figurait en ce cas un verger à l'entour. Il m'était loisible soit de cultiver à plein ce verger, soit de le laisser envahir par la mauvaise herbe. Libre à moi de choisir, mais cette liberté n'allait pas de soi autant qu'on pourrait le croire. Bien des gens, à la vérité, vont jusqu'à baptiser « destinée » les vergers de leur demeure.
Un beau jour, il me vint à l'esprit de me mettre à cultiver mon verger de toutes mes forces. A cette fin, l'utilisai le soleil et l'acier. Un soleil et des instruments d'acier devinrent les principaux éléments de cette culture.
Yukio Mishima - Le soleil et l'acier

15:38 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, mishima, musculation, soleil, acier
jeudi, 10 juillet 2008
Goûts et passions
Au fond, mes goûts étaient des passions. Ce goût de la solitude, c'était le goût d'une doctrine secrète, délicate et complexe à attacher comme une légère et précieuse captive au dos de quelque coursier d'Apocalypse.
Pierre Drieu La Rochelle - Gilles
14:42 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, drieu, politique
lundi, 23 juin 2008
Désespoir de poche #3 : les snobs de l'intelligence
Rien ne me dégoûte plus que le pseudo-aristocratisme intellectuel d'une certaine bourgeoisie parisienne: je hais les chapelles, les cénacles, les prétendus initiés, les happy few qui se croient supérieurs au reste de l'humanité parce qu'ils récitent doctement ce qu'ils ont lu dans l'hebdomadaire à la mode, bref, tous ces snobs de l'intelligence qui mériteraient qu'on les fessât publiquement sur la place de la Concorde.
Gabriel Matzneff - Le défi

12:36 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, matzneff, bhl, ps, sionisme
Désespoir de poche #2 : démocratisation de la culture
Si par démocratisation de la culture on entend le pouvoir donné à chaque enfant intelligent d'accéder à la haute vie de l'esprit sans égard pour la situation sociale ou financière de ses parents, j'y applaudis très fort. Mais si cette “démocratisation” est le droit reconnu aux imbéciles d'être des imbéciles pensants et aux ânes d'être des ânes savants, je ne suis plus d'accord.
Gabriel Matzneff - Le défi


12:27 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, matzneff, piscine, paris hilton
Désespoir de poche #1 : à la piscine
Peut-être le font-elles pour décourager les éventuels dragueurs, mais nous aurions tort de nous laisser intimider. Ces petites filles qui feignent de lire Le traité du désespoir à la piscine savent à peine écrire leur nom, et leur sottise prétentieuse ne mérite qu'une chose: que nous les emballions séance tenante et que nous leur fassions un gosse dans une cabine; au moins, après cela, auront-elles des raisons sérieuses de désespérer.
Gabriel Matzneff - Le défi

11:46 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, matzneff, piscine, blabla de filles
dimanche, 22 juin 2008
Solstice de juin
Solstice de juin, instant ambigu, marqué par une sorte de mensonge, comme il me trouble, m’irrite, me plait.
Pendant des mois encore, l’année va paraître s’élancer vers son zénith de chaleur et de splendeur, et cependant c’en est fait : les jours ont commencé de s’accourcir. Le Soleil s’incline, le Soleil meurt.
La victoire de la roue solaire n’est pas seulement victoire du Soleil, victoire de la Paiennie. Elle est victoire du principe solaire, qui est que tout tourne (« la roue tourne », dit le peuple). Je vois triompher en ce jour le principe dont je suis imbu, que j’ai chanté, qu’avec une conscience extrême je sens gouverner ma vie.
L’alternance. Tout ce qui est soumis à l’alternance. Qui le comprend a tout compris. Les Grecs sont pleins de cela.
Henry de Montherlant

16:13 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, montherlant, solstice, saint jean, été, soleil
Le défi
Le jour de mon anniversaire, j'ai depuis quelques années pris l'habitude de rester seul avec des mp3 de Françoise Hardy et des mots de Gabriel Matzneff. Il ne se passe pas un 20 juin sans que je relise Le suicide chez les Romains.
En exergue de ce texte brillant, Matzneff cite Nietzsche dans Par delà le bien et le mal :
“La pensée du suicide est une puissante consolation; elle aide à passer mainte mauvaise nuit”.
C'est exactement ce que le suicidaire que je suis a du mal à faire comprendre à ceux qui ne le sont pas. Etre suicidaire ne se réduit pas à rêver de se pendre en écoutant Joy Division. Il y a chez le suicidaire cette intarissable soif de vie incompréhensible pour un cochon rêvant de mourir de vieillesse devant sa télévision. Cela justifie certainement les soucis juridiques accompagnant la réédition du Défi contenant le texte Le Suicide chez les Romains. L'ordre totalitaire sans nom ne veut pas de Brutus et de Cassius, pas de Drieu La Rochelle et encore moins de Mishima ou de Richard Durn. La possibilité du suicide, outre qu'elle puisse comme Nietzsche le pensait réconforter les esprits tourmentés, peut être à l'origine d'actes héroïques ne pouvant être tolérés par le système. Celui-ci ne rêve que de légumes à euthanasier, pas de braves prêts à mourir à trente ans. « Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière. » a écrit Jacques Rigaut.
Le problème avec Matzneff, c'est l'impossibilité offerte au lecteur de fermer le livre. Je voulais juste relire Le Suicide chez les Romains mais j'ai relu tout Le défi. Lettre à Tristan, Le Printemps sacré, L'ombre d'une ombre, Désespoir de poche, L'armure vide, Nous autres bons européens, Carnet vénitien, Le tombeau de Montherlant, font parti de ces textes sans prétention qui marquent une existence. Il y a cette intelligence fulgurante, un style simple et efficace, de l'humour et de la sensualité.
Le goût prononcé de l'écrivain pour les adolescentes et les adolescents ne justifie pas l'ostracisme dont il est victime. Matzneff est rejeté par ce qu'il est un Romain pre-chrétien doublé d'un slavophile orthodoxe, non parce qu'il bande pour des jolies filles de seize ans.


15:53 Publié dans Belles lettres, Ma life | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, matzneff, suicide, rome, politique
mercredi, 11 juin 2008
Au revoir Simone, bonjour tristesse
J'ai commencé à lire La sphère d'or d'Erle Cox. Je l'ai trouvé en occasion chez Gibert alors j'ai sauté dessus. Quand j'étais en Irlande, je l'ai cherché en VO sous le titre Out the silence mais sans succès. C'est dommage car je trouve le livre assez mal traduit en français. Vraiment dommage car l'histoire est prenante. Très hyperboréen comme roman. Pas surprenant que Guillaume Faye en ait apprécié la lecture. Pas surprenant qu'il soit si difficile à trouver.
Sinon, j'écoute l'album The bird of music du groupe américain Au revoir Simone. Cela sonne un peu comme la BO d'un film de Sofia Coppola n'ayant pas encore été réalisé. J'aime bien. Cela a le mérite de changer du rap de mon voisin et de mes délires gutturo-industriels. C'est de la musique pour jeunes bourgeoises rêveuses des hauts-de-seine qui s'ennuient, mais j'aime les jeunes bourgeoises rêveuses des hauts-de-seine qui s'ennuient.

17:08 Publié dans Belles lettres, Ma life, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, litterature, blabla
vendredi, 06 juin 2008
Le doutage
"L'homme supérieur et l'idiot du village ont tous deux droit aux railleries de la foule." Gabriel Matzneff - Cette camisole de flammes
Reste à savoir si je suis un homme supérieur ou un idiot du village...
15:02 Publié dans Belles lettres, Ma life | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature, matzneff, intolérance
mardi, 27 mai 2008
Un bunker en banlieue
Je viens de finir Un Bunker en banlieue de Jean-Louis Costes.
Jean-Louis, la cinquantaine, habitant un HLM de Saint-Denis, pète les plombs à cause des racailles et de France Info. Il s’enferme dans son HLM et s’entoure de parpaings. Avec son chat, ses bières, sa machette et sa connexion Internet, il prépare la guerre contre la cité Lénine à partir de son bunker. La suite… Pour ceux qui connaissent Costes: pas de surprise. Pour les autres : l’horreur!
Ce qui compte avec Costes, c’est le style. Même si le fond est intéressant (la vie moderne en banlieue rend fou), c’est son style qui transforme des petites réflexions de sous-blanc humilié par le monde en une folle poésie apocalyptique. Si la fin a été assez pénible à lire (délire sur l’inceste), le reste du livre est vraiment de qualité. J’espère que Jean-Louis Costes n’a pas oublié d’envoyer un exemplaire de son livre au Maire de Saint-Denis, au Président de la Région IDF. Et puis un à Julien Dray. Pourquoi Julien Dray? Pourquoi pas?!
Petit extrait:
Ca fait cinquante ans que j’en chie Cité Lénine, entre le Leader Price et le Bricorama. Les coups, les vols, les insultes. La peur, la honte… Pour moi, c’est fini le Auschwitz light, à quatre pattes en jogging rayé, entre deux rangs de waffen-racailles… L’heure de la révolte a sonné. Je me construis mon bunker et la contre-attaque va commencer… Mieux vaut mourir les armes à la main, que se faire flinguer connement pour une Playstation en panne! Maintenant, la Playstation, c’est moi qui joue dedans. C’est moi le super-héros qui mitraille les méchants dans les dédales de ciment. Je vais passer au lance-flammes ce putain de quartier!
Pour commander Un Bunker en banlieue (refusé par tous les éditeurs), ça se passe ici.
14:19 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature, banlieue, antiracisme, livres
lundi, 26 mai 2008
A l'écart
Regardons-nous en face. Nous sommes des hyperboréens, — nous savons assez combien nous vivons à l’écart. « Ni par terre, ni par mer, tu ne trouveras le chemin qui mène chez les hyperboréens » : Pindare l’a déjà dit de nous. Par delà le Nord, les glaces et la mort — notre vie, notre bonheur… Nous avons découvert le bonheur, nous en savons le chemin, nous avons trouvé l’issue à travers des milliers d’années de labyrinthe. Qui donc d’autre l’aurait trouvé ? — L’homme moderne peut-être ? — « Je ne sais ni entrer ni sortir ; je suis tout ce qui ne sait ni entrer ni sortir » — soupire l’homme moderne… Nous sommes malades de cette modernité, — malades de cette paix malsaine, de cette lâche compromission, de toute cette vertueuse malpropreté du moderne oui et non. Cette tolérance et cette largeur du cœur, qui « pardonne » tout, puisqu’elle « comprend » tout, est pour nous quelque chose comme un sirocco. Plutôt vivre parmi les glaces qu’au milieu de vertus modernes et d’autres vents du sud !… Nous avons été assez courageux, nous n’avons ménagé ni d’autres, ni nous-mêmes : mais longtemps nous n’avons pas su où mettre notre bravoure. Nous devenions sombres et on nous appelait fatalistes. Notre fatalité — c’était la plénitude, la tension, la surrection des forces. Nous avions soif d’éclairs et d’actions, nous restions bien loin du bonheur des débiles, bien loin de la « résignation »… Notre atmosphère était chargée d’orage, la nature que nous sommes s’obscurcissait — car nous n’avions pas de chemin. Voici la formule de notre bonheur : un oui, un non, une ligne droite, un but…
Nietzsche - L’Antechrist
14:11 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nietzsche, antechrist, philosophie, hyperborée
mardi, 20 mai 2008
Moi, le loup des steppes
J’aspirais l’air un long moment, je flairai la musique sanglante et bariolée, je humai, lubrique et exaspéré, l’atmosphère du dancing. La partie lyrique du morceau était sucrée, graisseuse, dégoulinante de sentimentalité ; l’autre était sauvage, extravagante, puissante, et toutes les deux, pourtant, s’unissaient naïvement et paisiblement et formaient un tout. C’était une musique de décadence, il devrait y en avoir eu de pareille dans la Rome des derniers empereurs. Comparée à Bach, à Mozart, à la musique enfin, elle n’était, bien entendu, qu’une saleté, mais tout notre art,toute notre pensée, toute notre civilisation artificielle, ne l’étaient-ils pas, dès qu’on les comparait à la culture véritable ? Et cette musique-là avait l’avantage d’une grande sincérité, d’une bonne humeur enfantine, d’un négroïsme non frelaté, digne d’appréciation.
Hermann Hesse - Le loup des steppes
12:05 Publié dans Belles lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alizee, hermann hesse, litterature, musique


